Bon ben, c'est très simple, vous lisez ces extraits de l'interview de JP Banville, et vous avez l'esprit de ce bolg (et donc de son auteur !!!) :

 

[...] Et puis un grimpeur italien m’a mentionné que les équipeurs possédaient beaucoup de sex-appeal… j’ai donc commencé à équiper avec rage ! 

 

|...] Mais j’équipe toujours… en secret…

Les Fédérations… des créatures gouvernementales sans âme… il faut une révolution de palais !

Elles nous ont amenés au bord du gouffre. Et n’hésiteront pas à nous y pousser si les sponsors le demandent.

Difficile pour moi de constater un tel manque de vision…

 

|...] Nous étions promis, nous les grimpeurs, à un brillant avenir en tant que vedettes d’une activité contre-culturelle. Les années ’80 nous annonçaient un futur fait de découvertes et de performances un tantinet confidentielles faisant rêver la masse désireuse d’absolu. Nous allions être hors-normes, des libres penseurs, des découvreurs du vertical, des rebelles un tantinet anarchistes possédant comme valeurs l’intégrité, le respect de la nature, l’humilité. Voir les propos du Blond …

Puis la société a glissé, le ver est entré dans le fruit, certains ont vu dans l’activité non la raison d’être de leur existence mais bien le moyen de subvenir à cette même existence sur le même pied que leurs voisins de palier.

Les clubs et fédérations sont venus brasser le mélange à coup de conventionnements, de règles, de procédures, de chartres, de passeports et tout le bataclan.

 

[...]On veut être un sport de masse plutôt qu’une activité ludique potentiellement dangereuse pratiquée en pleine nature. On établit un contrôle sur les sites via la prise en charge de la responsabilité plutôt que de chercher à établir une liberté de pratique de par une législation moderne décriminalisant les propriétaires.

 

On veut des professionnels, des entraineurs, des commanditaires. On veut se lire, se voir, dans les médias. On souhaite la manne olympique !

 

Mais, réellement, les grimpeurs, ceux au pied des falaises, ils en gagnent quoi, de tout ce cirque ?

 

[...]Je suis pour le déconventionnement (une erreur dès le début) dans la mesure où une loi est votée limitant les poursuites et nous laissant le libre arbitre en tant qu’humains.

 

[...]Nous aurons des champions, des médaillés, de l’éphémère dont plus personne ne se souciera après quelques mois. C’est la tare de notre civilisation : la nouveauté perpétuelle.

 

|...]J’aurais aimé, encore une fois, travailler seul une belle barre rocheuse et livrer au monde une centaine de voies de tous les niveaux. Possible mais peu probable.

J’aimerais grimper le plus possible, partout.